CONSTRUCTION D'UN CANOT A CLINS

Morbic 10.5 option voile



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Morbic 10.5 version voile

Morbic 10.5 option voile - Modèle de l'auteur en navigation à la semaine du Golfe en mai 2017 .


Sommaire

Introduction

La construction du canot

Techniques employées - matériel

Les constructions pour jeunes enfants

Introduction

En cherchant un modèle qui conviendrait à de la plaisance traditionnelle, j'ai été séduit par ce canot à clins . Je le trouve parfait avec son style vieille plaisance souligné par les fameux clins ( recouvrements du bordé comparables aux tuiles d'une toiture ) et ses pièces de bois apparent . Il reste relativement léger ( 55 à 70kg pour ce modèle suivant la version et le matériel embarqué ) Je l'ai fait un peu agrandir pour augmenter la capacité de charge mais il tient sur une simple bagagère . Cela évite d'investir dans une remorque .

Et pour l'annexe du bateau : canot en bois ou pneumatique ?

Le canot ou annexe rigide en bois a plus de charme, est plus durable et plus écologique mais il a tout de même un défaut : son encombrement . Il va sans dire qu'un voilier de moins de neuf mètres aura du mal à transporter un canot en bois autrement qu'à la traine . Une petite annexe sur le rouf ou un modèle en deux parties emboitables posées sur le pont pourront faire l'affaire au détriment du fardage de l'ensemble et donc de la sécurité ( réduisez le franc-bord de votre annexe pour mieux voir comme je l'ai vu faire et vous écoperez SI votre embarcation est insubmersible . Dans le cas contraire, vous avez toutes les chances de la perdre ou de rarement l'utiliser ) Sur notre bateau, nous privilégions trois emplacements : Sur le pont : c'est la solution que nous préférons pour le cabotage : mise à l'eau et repêchage avec la drisse du Spinnaker, amarrage solide mais visibilité et praticabilité sur l'avant directement liées à la taille du bateau . Sur bossoirs : très bonne solution qui libère le pont et le rouf avec une mise à l'eau hyper rapide mais peut avoir ses limites par fortes averses, mauvais temps ou mauvais garçons en quête d'annexe . Les voyageurs que nous sommes ont fait le choix d'une annexe pneumatique avec une quille gonflable pour les qualités marines, mais pouvant se ranger dans le bateau . Le pont est ainsi libéré pour faciliter la circulation, l'utilisation des voiles et la visibilité . La poupe est dégagée : en cas de gros temps elle ne risque pas de s'arracher ni de faire pencher le voilier et je peux barrer au mieux avec une vue dégagée sur la houle qui nous emmène : c'est très appréciable ! La sécurité ( programme hauturier, âge de l'équipage, fardage, etc. ) l'a emporté .


La construction du canot

tracé et découpe des gabarits

tracé des gabarits
découpe à la scie sauteuse

J'ai choisi de réaliser les gabarits dans de l'aggloméré de 15 mm d'épaisseur pour une question de coûts, mais ils devront être raidis par des chevrons.

réalisation des chanfreins ou scarfs puis collage

chanfreins réalisés au rabot électrique

Morbic 10 a été conçue pour que ses bordés tiennent dans des plaques de contreplaqué de 3,10 mètres de long. Comme je construis une version agrandie nommée Morbic 10.5, je réalise des chanfreins en bout de plaques que je colle ensuite pour augmenter la taille des bordés. Si comme moi vous construisez en saison froide ou dans un endroit un peu frisquet, il va falloir investir dans un canon à air chaud, un poêle ou mieux faire une cabine de peinture aux dimensions de votre future embarcation. Ensuite, un ou deux petits convecteurs qui produiront une chaleur sèche suffiront pour les collages.

volume réduit pour faire des économies

découpe des bordés et imprégnation

impregnation à la spatule

Une fois découpés, les futurs bordés sont imprégnés d'époxy à l'aide de spatules de carrossier ( merci Michel pour le conseil ) et à température descendante . Cela va vite et permet de ne pas déposer trop de résine.

fabrication du tableau

rainures et languettes réalisés à la scie circulaire sur table

J'ai choisi de faire le tableau en bois massif : j'ai découpé 9 tasseaux dans du Sipo et 2 dans du robinier, puis j'ai mouluré avec la scie circulaire à format en jouant avec l'écartement de la règle et la hauteur de la lame ( un jour, c'est prévu, j'achèterai une défonceuse ) Rien ne se perd : le deuxième et le cinquième tasseau en partant de la droite sont des chutes de Sipo contrecollées .

mise sous presse du tableau

Après quelques ajustements viennent le collage, l'assemblage et la mise sous presse : les serre-joints sont nos amis !

décoffrage du tableau avant ponçage

24 heures plus tard, "décoffrage" . Un ponçage sera le bienvenu.

le tableau poncé et découpé

Puis vient le tracé à l'aide du plan sur calque et la découpe, y compris l'emplacement de la godille dans un bois dur de chez nous, le robinier ou faux acacia .

fabrication de l'étrave

L'étrave assemblée

J'ai utilisé du Sipo pour réaliser l'étrave faite de quatre morceaux de même épaisseur mais de longueurs différentes. C'est un bois qui se travaille facilement . La seule difficulté vient du collage de ces quatres morceaux qu'il faut bien bloquer pour éviter tout glissement lors du serrage .

montage du chassis

Le chassis assemblé

Par soucis d'économie j'ai réalisé les gabarits en aggloméré de 15 mm et non en contreplaqué de 12 mm comme prévu dans la notice . C'est plus fragile, j'ai dû renforcer le chassis mais ce ne sont pas les bouts de bois qui me manquent . Il ne faut pas oublier de modifier les emboitements en conséquence si l'on veut rester conforme au plan . J'ai raidi les longerons avec des chevrons de 60 x 80 mm . L'ensemble sera surélevé avec des parpaings puis calé après un alignement au niveau laser . Je reviens sur le chassis en aggloméré qui est une fausse bonne idée : si on économise de l'argent, il est en revanche difficile de conserver une partie du chassis pour garder la forme exacte de la coque au moment de poser les plat-bords, guirlande et renforts de tableau arrière . Je conseille donc l'achat d'un CTP pas cher genre tout pin ou tout peuplier chez Bricotruc pour réaliser le gabarit .

collage de l'alignement tableau-sole-étrave

ensemble tableau-sole-étrave collés

Après avoir équerré le tableau arrière, l'étrave et les couples du chassis, j'ai masqué à l'adhésif les parties du chassis en contact avec la sole . J'ai ensuite vérifé l'alignement avant de coller les trois pièces . Les deux feuilles de contreplaqué que l'on aperçoit posées sur l'annexe sont les bordés de fond en attente d'ajustage .

pose du bordé de fond - Technique du cousu-collé

Sole rabottée à l'aide du Guillaume

Le Morbic est une embarcation à fond plat. Il n'y a pas de galbord puisque je ne m'appuie pas sur une quille et qu'il n'y a pas de forme concave ici . Il s'agit d'une construction simplifiée, alors va pour "bordé de fond" ! J'ai percé les côtés de la sole à 12 mm du bord tous les 10 centimètres environ avec un foret de 3 mm pour pouvoir passer de petits colliers plastiques . Les bords de la sole et leurs vis-à-vis sur les bordés de fond sont évasés avec un guillaume, rabot étroit qui permet de travailler sur le chantier sans être gêné par les couples .

Gabarits renforcés près de l'étrave

Vue sur les renforts du chassis . Même s'il ne s'agit que de 6 mm d'épaisseur, les efforts pour ceintrer le bordé en contreplaqué préimprégné sont importants .

Tas de serre-joints et alignement de l'étrave au niveau laser

Une fois que tous les serre-joints sont en place, je vérifie l'alignement de l'étrave au niveau laser . Bien m'en a pris, j'ai dû la redresser avec le serre-joint en bas de la photo .

Colliers bientôt démontés

Pour assurer un bon collage de l'étrave, je laisse en place les serre-joints plusieurs jours . Les colliers plastiques qui ont joué le rôle d'agrafes de suture seront bientôt démontés .

Astuce Voile Mag 230

Vue de détail sur une astuce trouvée dans Voile Magazine numéro 230 : des bouts de tuyau PVC contribuent à bien aligner les feuilles de contreplaqué . Le morceau d'adhésif orange en haut à gauche empêche la colle de couler quand les bords ne sont pas parfaitement jointifs . A gauche également, une des cales sur lesquelles s'appuient les serre-joints pour mettre en forme le bordé . Elles reçoivent ensuite les pointes de vis provisoires toujours pour conserver la forme de l'embarcation lors du collage des autres bordés .

les trous rebouchés et poncés

Une fois les colliers enlevés, les trous sont évasés pour permettre un meilleur rebouchage . L'ensemble sera poncé puis renforcé par une bande de tissu de verre .

les collages renforcés par une stratification

Remarque : si vous pouvez maintenir la coque plaquée au chassis en l'agrafant ( agrafes plastiques perdues ) ou en la collant provisoirement par l'intérieur, vous pourrez faire l'ensemble des stratifications extérieures en une fois en collant mouillé sur mouillé . Vous gagnerez ainsi du temps et quelques disques en évitant le ponçage de l'époxy sur le premier bouchain .

pose des bordés à clins

Réalisation d'une rablure d'extrémité

Enfin le recouvrement des clins débute . Après avoir délimité la profondeur du recouvrement sur mon bordé de fond ( ici environ 20 mm ) à l'aide d'un trusquin maison très simple à faire, je positionne provisoirement mes deux premiers clins et je rabote ce qui dépasse . Ensuite je délimite une rablure sur le bordé déjà posé et le suivant pour effacer partiellement le clin . En effet, si je laissais le recouvrement jusqu'à l'étrave, ce serait le bazar pour pour mettre en place la contre-étrave que je devrais élargir et cela freinerait quelque peu cette petite embarcation ... Donc pas de clin à l'étrave, et au tableau arrière je diminue un peu l'épaisseur du recouvrement . Autre petit soucis, il devient difficile avec les serre-joints d'appuyer sur la totalité du recouvrement car les machoires ne sont pas assez grandes. On peut mettre des vis provisoires, fabriquer des cannaps ( serre-joints en bois sur mesure ) ou tout autre système adéquat .

Les cannaps permettent de serrer plus loin que les serre-joints

Le cannap, au centre, facilitera la pose de vis provisoires pour parfaire le collage. Les équerres en aggloméré sont disposées quand l'assemblage à blanc est jugé satisfaisant . Cela plus quelques repères permet de gagner du temps lors de la mise en place pour le collage définitif .

troisième bordé posé

Pose des troisièmes bordés . Etant donné que j'effectue un fraisage conique dans les avant-trous de fixations pour faciliter leur rebouchage, je ne mets plus de contreplaque à l'extérieur mais uniquement à l'intérieur . Le fraisage me permet de visser les bordés sans risquer de les abimer .

quatrième bordé posé

Pose des quatrièmes bordés . Les coulures sortant des trous de fixations sont de la cire liquide dans laquelle je plonge les vis afin qu'elles ne restent pas bloquées par l'epoxy après séchage .

Cinquième bordé posé

Pose des cinquièmes et avant-derniers bordés . Plus besoin de tordre le bordé pour qu'il prenne sa forme . Une fois la colle appliquée, un simple appui de la main suffit pour présenter le bordé avant vissage sur le mannequin .

sixième bordé posé

Pose des sixièmes et derniers bordés . Rien de particulier . Le recouvrement des clins est terminé . Une étape moins passionnante va pouvoir commencer : le ponçage extérieur de la coque .

fabrication de la fausse étrave

La fausse étrave en lamellé-collé de Moabi .

Certaines images ont disparu avec mon disque dur... Vu que j'ai un stock de Moabi tranché, un bois très dur qui ne craint pas l'eau, j'en ai utilisé pour fabriquer la fausse étrave : 1) j'ai tracé la forme extérieure de l'étrave sur un patron en carton . J'ai trouvé dans mon stock une membrure qui correspondait aux formes du patron mais plusieurs pièces de bois collées auraient pu faire l'affaire . 2) Découpage de la pièce de bois aux mesures du patron .

L'étuve en action

3) Mise en forme : j'ai utilisé une étuve ( merci Jean-François ) reliée à une décolleuse à papier peint . Sortir les lattes et les empiler rapidement sur le bloc de bois puis serrer copieusement avec cales et serre-joints et laisser reposer 3 jours dans un endroit chaud et sec . 4) Collage : les lattes à coller sont enlevées de la pile pour un meilleur séchage 24 heures avant collage . Le jour J j'encolle l'étrave puis la latte que j'aligne sur l'étrave et la fixe avec des agrafes composite . Je recommence jusqu'à obtenir 7 plis de 4,5 mm d'épaisseur collés sur l'étrave .

retournement du bateau et stratification des fonds

annexe retournée

Pour la première fois je peux me rendre compte des formes du bateau . A ce stade la coque est très souple . Avant d'attaquer la stratification, quelques heures de ponçage, d'aspiration et d'essuyage ( éponge humide ou microfibre selon le résultat escompté ) me seront nécessaires . Placez votre coque à bonne hauteur et "yapluka" ...

pose de la serre-bauquière

pose du premier pli de la serre-bauquière

J'ai réalisé les serre-bauquières en deux plis de mélèze . Les premiers plis ont été collés à l'intérieur de la coque et maintenus par des vis venant de l'extérieur . Des trous verticaux sont pratiqués dans le premier pli pour y fixer l'écope, les défenses, etc .

pose du second pli de la serre-bauquière rabottée

Vient ensuite le deuxième pli de renfort qui sera vissé de l'intérieur . L'ensemble sera ensuite rabotté avec un guillaume .

pose des plat-bords

Mise en place des plat-bords intérieurs

Les plat-bords comme les listons inférieurs sont réalisés dans du Robinier, un bois très dur de chez nous . J'ai commencé par les plat-bords intérieurs .

L'étuve ramollissant une latte de Robinier

Il a fallu les passer dans une étuve ( merci Jean-François ) pour qu'ils puissent prendre la forme avant du canot . On n'a que deux dizaines de secondes pour finir la mise en place contre l'étrave .

pose des listons

Liston inférieur posé

On peut voir sur la photo au premier plan que le liston inférieur a été posé avant le liston supérieur ou platbord extérieur . Le collage de la guirlande ( pièce de renfort derrière l'étrave ) et des équerres de tableau m'auraient empêché de serrer le liston supérieur aux extrémités pendant son collage sans utiliser de vis .

réalisation des caissons de flottabilité

Les caissons collés

Après quelques coups de rape pour les ajuster, les cloisons sont posées puis embellies et rigidifiées par une planchette de bois massif collée en haut de celles-ci . J'ai utilisé du cèdre rouge en provenance de nos "cousins" Canadiens .

première tranche de polystyrène posée

J'ai choisi d'assurer la flottabilité avec du polystyrène expansé. J'ai utilisé des plaques de 120 cm x 50 cm x 4 cm d'épaisseur . Pour le caisson arrière, avec une plaque je réalise deux tranches soit 8 cm de profondeur dans le caisson . Pour obtenir le tracé de la première tranche, j'ai utilisé le calque de la cloison .

découpe à la scie à chantourner

Il faut tenir compte de la pente et effectuer des coupes en biais . C'est très facile avec une scie à chantourner en vitesse rapide . Cela fonctionne plutôt bien avec une scie à onglets qui préférera couper du polystyrène extrudé .

montage du puits de dérive et de l'emplanture de mât

Vue sur le haut du puits de dérive

Le puits de dérive doit être proprement collé pour éviter une voie d'eau ( oups ! ) et faciliter le passage de la dérive . J'ai commencé par imprégner les faces intérieures du puits . Lors du collage du puits à la coque, j'ai inséré deux baguettes de même épaisseur que la dérive entourées d'adhésif en haut et en bas du puits pour éviter une déformation des parois . Pour renforcer la fixation du puits, des carlingues sont collées contre la sole et j'ai vissé les deux élongis au banc de nage en mélèze . J'ai préalablement imprégné l'emplanture de mât que j'ai collée ensuite . J'ai disposé des renforts bien utiles sous le ponté pour le protéger des efforts du mât .

pose de l'aileron de quille

Collage de l'aileron de quille
L'aileron de quille collé avec son joint congé

Par manque de temps, je suis parti à la semaine du golfe sans aileron . Au retour j'ai donc poncé la peinture et nettoyé la zone de collage à l'acétone . Ce collage à l'aide de sangles a pu être équerré gâce aux plots protégés d'un adhésif orange et stabilisé à l'aide de deux vis empêchant la sangle arrière et l'aileron de glisser . Le bord inférieur de l'aileron qui ne manquera pas de frotter est ensuite stratifié . Cet aileron améliore le cap et la marche à la godille !

mise en peinture

peinture dans un espace chauffé à 33 degrés

Avant d'effectuer la mise en peinture vient une phase plus ou moins longue selon votre exigence de ponçage, enduit, ponçage... J'ai bouché les plus gros défauts en utilisant du Wood Fill 250 et les petits défauts ont été comblés au Mix Fill 10 .

Pour la peinture j'ai utilisé deux produits de la marque International : le primaire Pre-Kote et la laque Toplac . Avec mon épouse nous avons passé au rouleau et à la brosse une couche de primaire puis deux couche 50% primaire et 50% laque et deux couches 100% laque à l'extérieur contre une à l'intérieur . Pressé par le temps, j'avais fait un ponçage grossier de la coque . De retour chez nous, j'ai ponçé légèrement la coque au 240 puis au 400 à l'eau . Entre deux couches je ponçais les défauts au 400 à l'eau. Le résultat me convient, sachant que c'est un canot qui prend parfois des coups ou frotte sur le sable voire les cailloux, pas un modèle d'exposition .

L'inscription du nom du bateau :

découpe des pochoirs
Domi peignant le nom du bateau
première couche
l'inscription terminée

Les divisions 240 et 245 définissent les normes de sécurité des navires de plaisance. J'ai trouvé ce fichier sur le site du ministère auquel sont rattachées les affaires maritimes . Il décrit les tailles minimales des caractères pour l'immatriculation ou le nom des bateaux en 2017 . J'ai imprimé le nom du canot sur un papier à dessin de 180 gr/m2 ( Le grammage du pochoir n'était pas assez important, la peinture a traversé par endroits . Je vous conseille d'utiliser du 240 gr/m2 et de faire des essais ou d'utiliser un papier calque ) J'ai ensuite découpé minutieusement les lettres sans oublier de laisser quelques attaches . Domi a tamponné la peinture ( Toplac International ) à l'aide d'une éponge en deux passes . Ensuite elle enlève les pochoirs pour peindre derrière les attaches au pinceau .

fabrication de la dérive

la dérive

Rien de compliqué . Si vous êtes régatier dans l'âme vous pouvez vous amuser et créer un profil NACA . Je me suis contenté de découper ma dérive dans du contreplaqué de 15 mm d'épaisseur en profilant l'arrière et en arrondissant les autres angles . Un tasseau est collé en haut de la dérive pour éviter qu'elle ne s'en aille . La dérive est suffisament poncée pour qu'elle coulisse facilement dans son puits . Elle sera ensuite imprégnée .

réalisation du gouvernail

le safran imprégé

Même principe que pour la dérive : Découpe aux côtes dans du contreplaqué, profil arrière, imprégnation . Je n'ai stratifié ni la dérive, ni le safran : à moi de faire attention aux cailloux ! Pour voir comment j'ai étanché les fixations, c'est ici .

fabrication du mât

lattes d'Epicea bouvetées

Plusieurs techniques existent pour construire un mât en bois . J'ai tout d'abord choisi de réaliser un mât creux avec un assemblage en bec d'oiseau . Pour voir un exemple de réalisation commentée, veuillez vous rendre ici . Pour découvrir les formules sous forme d'équations, c'est par là . Pour ceux qui n'aiment pas les mathématiques, le téléchargement des programmes contenant les formules, c'est ici . Je n'ai pas trouvé d'article Francophone complet sur le sujet . Retour au mât : Pour des raisons économiques, j'ai réalisé les lattes dans un chevron d'Epicea acheté chez "bricotruc". En cherchant bien parmis les plus légers, on finit par trouver son bonheur pour pas cher . Le bouvetage a été réalisé avec une défonceuse sous table mais vous pouvez le faire avec une scie circulaire en inclinant votre lame à 45 degrés .

Autre technique beaucoup plus rapide : collage de deux planches qui seront façonnées au rabot et à la ponçeuse ( voir ci-dessous "réalisation de la vergue, du tangon et d'un mât simplifié" )

réalisation de la vergue, du tangon et d'un mât simplifié

collage des espars

Les trois espars, mât, vergue et tangon sont faits de planches de cèdre jaune collées deux à deux . Les trois collages sont isolés par du film polyane, mis sous presse et calés par des serre-joints et des cales dans tous les sens . J'ai utilisé une poutre dégauchie et de niveau, surélevée pour le passage des serre-joints en guise de support .

mini serre pour coller les espars

J'ai formé un genre de tunnel avec un petit convecteur à chaque extémité pour tenir ma mini serre au chaud . Deux couvertures par dessus limitent les pertes de chaleur .

démoulage des espars

Le lendemain je décoffre et vérifie qu'il n'y a pas de manque de colle .

le mât est dégauchi

Chaque espar est dégauchi puis rabotté .

rabottage des angles du mât

Je vous présente mes amis la ponceuse à bande et le rabot électrique . Au premier plan on distingue un cercle correspondant à la section finie du haut du mât. Sur chaque face je trace deux droites inclinées symbolisant la réduction pour arriver aux côtes du cerle en haut du mât. Je rabotte chaque face jusqu'au trait. La finition est effectuée à la ponceuse à bande.

dressage au couteau à deux mains

les quatre faces étant rabottées, il s'agit de prendre son courage et son couteau à deux mains ( un grand merci à Colette et Salvatore pour l'outil ) . J'ai donc attaqué les quatre angles en faisant attention de ne pas me laisser entraîner vers le coeur .

mât prêt pour la finition

Ensuite j'ai repris la ponceuse à bande pour finir d'enlever les quatre arêtes, puis les huit, les seize, etc . Il ne restait plus qu'à poncer manuellement pour obtenir l'arrondi . En calant bien le mât, j'ai pris une bande de ponceuse à bande grain 80 et j'ai frotté énergiquement autour du mât . La longueur de la bande permet de ne pas se brûler les doigts tout en épousant la forme arrondie du mât . Par contre, même si le mât n'est pas très long, on mouille sa chemise ! Pour la finition, j'ai poncé au grain 120 puis 240 . Mes espars sont ensuite suspendus puis imprégnés d'un mélange 50% huile de lin / 50% essence de térébenthine autant de fois que nécessaire . Un coup de chiffon enlève le surplus et évite de tacher le bois .

confection de la voile

la voile est hissée pour la première fois à Port Anna

Se lancer dans la fabrication d'une voile est une aventure passionnante qui demande du temps et pas mal de connaissances théoriques et pratiques si l'on veut un bon résultat . J'ai donc préféré m'adresser à une professionnelle, Doris MEUNIER, qui est voilière et dirige sa petite entreprise, la voilerie du marais à CHASNAIS . Elle a réalisé une voile au tiers en polyester d'une teinte écrue qui me donne entière satisfaction .

Techniques employées - matériels

Aparté

Avis aux constructeurs amateurs . Les techniques et les matériels décrits ci-après ont été trouvés dans des livres et sur le tas . Ils s'appliquent à mes projets personnels . Faites valider vos idées par des hommes de l'art avant de vous lancer ( cela m'a permis de rectifier quelques erreurs et d'en éviter d'autres )


Le transport

chargement du contreplaqué marine

Pour construire, il nous faut des matériaux . N'ayant pas de fourgon, j'ai investi dans une petite remorque qui me rend de multiples services, comme ramener de grandes plaques de contreplaqué ou des planches de bois et transporter le canot !

quelques planches de Sipo

Le traçage

tracé des gabarits

Il y a plusieurs façons de procéder. Dans le cas présent, les plans sont fournis sur calques à l'échelle 1, ce qui évite les erreurs de mesures ou de calculs .

Pour reporter le dessin sur le bois, on peut utiliser une roulette à marquer, du papier carbone ou passer un crayon gras au dos . C'est avec du papier carbone que j'ai obtenu les meilleurs résultats .

Les découpes

découpe à la scie sauteuse

Rien de sorcier . Les connaisseurs auront remarqué le modèle bas de gamme de scie sauteuse qui aura supporté la découpe des pièces du canot mais pas celle de plaques d'aggloméré de 19 mm d'épaisseur . J'ai usé beaucoup de lames car les panneaux d'aggloméré contiennent de la colle et autres particules solides qui mènent la vie dure aux lames et outils de découpe . Plus la lame comporte de dents, plus la découpe est propre et longue et inversement . Je vous conseille d'employer des lames mixtes ( bois et acier ) qui dureront plus longtemps si vous avez beaucoup de panneaux d'aggloméré à découper . La nouvelle scie sauteuse est une BOSCH bleue GST 160 CE : ce n'est pas le même prix mais aucun problème à l'horizon .

Les finitions

découpe à la scie à chantourner

Pour effectuer des coupes nettes et droites, j'utilise une scie plongeante et sa règle. Pour les coupes plus délicates, une scie à chantourner. Si vous voulez un résultat soigné, méfiez-vous de la scie sauteuse qui ne manquera pas de déchiqueter l'envers du bois : il faut prendre de la marge ou ajouter une contreplaque comme pour les perçages .

perçage au vilebrequin !r

En parlant de perçage, je me suis trouvé bien embêté quand il a fallu faire des trous de 18 mm pour poser mes supports de dames de nage . Ni le voisin ni moi n'avions de foret de cette taille et sortir 15 euros pour faire 4 trous ça ne m'emballait pas non plus . C'était sans compter sur Jeanne, notre voisine de 90 ans qui nous a dépannés avec les outils de son Papa ! Un bon vieux vilebrequin avec des forets de 18 et même de 22 mm, c'était parfait . Certes, il a fallu utiliser les biceps, mais le robinier même épais n'a pas résisté au vilbrequin et aux mèches de près d'un siècle encore affutées . Merci l'ancien et merci Jeanne .

découpe faite par Madame

Vous souhaitez vous détendre, embauchez donc un(e) apprenti(e) ;-)

Le ponçage

après nettoyage ou dégraissage, le mouillage puis le ponçage jusqu'au résultat escompté et enfin l'essuyage avec un chiffon non pelucheux

Si vous souhaitez un beau rendu pour une finition vernie par exemple, il faudra également bien poncer au préalable . Pas sûr que les ponceuses soient un bon choix pour des surfaces modestes : un dépoussiérage soigneux prend du temps et les feuilles de contreplaqué sont si fines qu'une erreur peut faire apparaître le pli du dessous qui n'aura pas la même couleur . Avec de l'huile de coude, du papier à poncer à l'eau, une éponge et un chiffon, le résultat me satisfait et mes poumons sont préservés . Les plus méticuleux peuvent poncer à partir du grain 120 jusqu'au grain 800 . Intéressant si vous souhaitez exposer votre oeuvre . La mienne étant destinée à être exposée à un usage intensif, inutile de chercher la perfection .

Les coupes en biseaux, chanfreins ou scarfs

Quand un mot, anglophone et approximatif ( scarf signifie entaille ) est plus employé en France que des expressions justes bien de chez nous, je sorts mon drapeau tricolore en vertu de la défense de la langue Française !

Revenons à la construction . Les bordés de Morbic 10 tiennent dans des plaques de contreplaqué de 3,10 mètres de long. Les coupes en biseaux sont nécessaires pour construire des embarcations plus grandes . Ces biseaux permettent d'abouter par collage les futurs bordés avec le maximum de résistance possible. Si vous voulez en savoir plus, je vous renvoie au chapitre 11 du livre de JP Villenave. Pour faire simple, le biseau augmente la surface de collage. Pour faire plus compliqué, les colles époxy étant plus solides mais avec des propriétés mécaniques bien différentes de celles du bois, un "scarf" bien fait ne casse pas mais perd entre autres les propriétés de flexion du bois. Pour cette raison, un point de vulnérabilité existe juste après l'assemblage. Une petite gymnastique neuronale est donc nécessaire pour éviter que les chanfreins ne soient tous alignés verticalement ou transversalement. Mais il faut également respecter un sens : la barque avançant plus souvent qu'elle ne recule, toutes les coupes vues de dessus doivent respecter le sens des écailles d'un poisson. Sens différent selon que l'on pose le bordé à tribord ou à babord. Ai-je été assez clair ? :-)

4 chanfreins en cours de réalisation

Voici quatre coupes en biseaux dégrossies au rabot à main par des coupes à 45° du fil du bois. Je vous conseille d'utiliser un rabot à semelle large pour faire ce travail, d'apprendre à le manier et de vérifier souvent la régularité du chanfrein. Les plis du contreplaqué constituent une aide précieuse pour réaliser au mieux des chanfreins réguliers. L'idéal serait d'obtenir des bandes parallèles et de même largeur. Ici, il y a du travail en perspective ! Dans mon cas, la construction prochaine d'un voilier habitable justifie l'achat d'un rabot électrique, mais pas seulement : le travail est plus facile car plus rapide et plus régulier grâce au large sabot de 82 mm. Pour les finitions, je travaille les plaques de contreplaqué une par une en réduisant l'épaisseur des passes, puis j'utilise un rabot à main de 40 mm pour faire de petites rectifications. Les biseaux, trop lisses, seront poncés au grain 80 puis dépoussiérés pour une meilleure adhérence lors du collage.

L'imprégnation

application du mélange résine-durcisseur à la spatule

L'imprégnation qui crée déjà de la chaleur par la réaction exothermique de l'époxy s'effectue toujours à température descendante pour éviter que le bois ne libère des bulles d'air dans l'époxy sous l'action de la température ambiante voire du soleil . Pour réussir l'imprégnation, j'effectue 2 ou 3 passes d'affilée du mélange sur toute la surface de la pièce préalablement chauffée si besoin . J'effectue un ponçage léger entre chaque couche . Les chants sont fragiles, je les sature également d'époxy . Enfin, contrairement à moi, n'oubliez pas de racler les coulures d'époxy sous vos pièces ou vous perdrez un temps précieux et du papier de verre à poncer des gouttes durcies d'époxy ...

Etancher les fixations

trous percés au double du diamètre et à la bonne longueur
l'aiguillot vissé dans le tableau étanché

Après nos sorties dans le Morbihan, je me suis rendu compte que l'étanchéité n'était pas parfaite au niveau de la fixation basse safran/tableau arrière . J'ai donc démonté cette fixation puis enlevé le bois mouillé à l'aide d'un ciseau à bois . Ensuite, quelques coups de rape, ponçage puis nettoyage avant de remplir le creux par de l'époxy chargée . Une fois que le collage a durci, j'ai poncé et repeint le tableau avant de percer des trous d'un diamètre au moins égal au double de celui des vis . L'art consiste à ne pas percer tout le tableau pour que les vis puissent serrer l'aiguillot, le trou étant assez profond et large pour qu'une épaisseur suffisante d'époxy empêche l'eau de passer dans le bois . Les parois des trous sont préalablement imprégnées de résine . C'est pas mal de travail pour poser une vis mais c'est le prix à payer pour éviter la pourriture ou l'arrachement prématuré des pièces régulièrement trempées .

Les fixations du safran :

trous percés au double du diamètre
Les trous remplis de résine
perçage des trous définitifs dans la résine époxy

En ce qui concerne le safran, pas besoin d'étanchéité, seule la protection du bois compte . J'ai percé environ au double du diamètre des vis, puis j'ai posé un adhésif sur une face et rempli de résine de l'autre côté du trou . Faites cela par temps chaud à température descendante ou chauffez préalablement votre pièce de bois avant l'imprégnation . Vous constaterez que le niveau de résine va baisser dans les trous car le bois en absorbe une partie . Soyez donc prêt à en remettre . La résine époxy seule est moins solide qu'une résine chargée mais c'est suffisant selon moi pour tenir les vis métalliques d'un safran avec des trous bien ajustés . J'en reparlerai en cas de pépin .

vis traversante chauffée au sèche-cheveux

Après un avant-trou, les vis à bois rentrent bien dans la résine durcie . Il est possible de chauffer la résine et la vis à l'aide d'un sèche-cheveux à bout portant . Au bout de quelques dizaines de secondes la résine va se ramollir et la vis à bois pourra rentrer avec facilité, épousant au mieux la résine . A vos outils !

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